Les 17 citations de Raoul Salan



1) Citation à l’ordre de la brigade (ordre n°64/B en date du 29/12/18)
« Excellent chef de section qui sait en toutes circonstances se faire remarquer par son entrain et sa bravoure. Au cours des dernières opérations sous un violent tir de barrage, a pris toutes dispositions judicieuses pour maintenir ses hommes dont il a fait l’admiration par son calme et son sang-froid. »

2) Citation à l’ordre de l’armée (inscrit au tableau spécial pour la légion d’honneur. J.O.R.F. du 5/4/22)
« Excellent officier, très grièvement blessé le 24/10/21 au cours d’un combat violent où il s’est fait remarquer par sa bravoure et son mépris du danger. »

3) Citation à l’ordre du régiment (ordre général n°23 du 12/07/40 du général commandant l’I.D.C.5)
« A fait son devoir jusqu’au dernier jour à son poste aux armées. »

4) Citation à l’ordre du régiment (ordre général n°25 du 13/07/40 du général commandant l’I.D.C.5)
« Chargé de constituer et de conduire un détachement pour la défense de différentes coupures pendant la période du 19 au 24 juin 1940, a rempli sa mission avec initiative, énergie et intelligence. A pris en outre les dispositions les meilleures pour assurer les ravitaillements. Ne s’est replié que sur ordre, quittant son emplacement le dernier après avoir assuré la retraite ordonnée de son détachement. »

5) Citation à l’ordre de l’armée (inscrit au tableau spécial pour officier de la légion d’honneur pour prendre rang du 21/8/40. Arrêté du 5/5/41 – J.O. du 23/5/41)
« Officier supérieur d’une bravoure et d’un courage remarquables, a assuré d’une manière brillante, les 5 et 6 juin 1940, la défense du centre de résistance qui lui était confié contre un ennemi très supérieur en nombre, organisant un réduit qui a tenu jusqu’au bout après l’enlèvement de ses points d’appui avancés. Ne s’est replié que sur ordre, en combattant. A participé au combat de retraite du 9 juin en couvrant le passage d’un pont sur le fleuve et en organisant sa défense. »

6) Citation à l’ordre de l’armée (décision n°124 du 7/11/44, J.O. du 26/11/44)
Le 6e Régiment de Tirailleurs Sénégalais
« Unité ardente et manœuvrière qui, sous les ordres du colonel Salan, chef d’une haute intelligence tactique, d’un courage et d’un sang-froid remarquables, a, dès son débarquement en France, conquis du 20 au 25 août 1944, en six jours de combats ininterrompus et d’une violence sans cesse accrue, les défenses nord-est de Toulon, rejetant l’ennemi de Solliès-Ville, Solliès-Pont, La Farlède, La Valette, le poursuivant jusque dans la place et lui imposant au sixième jour de la bataille la reddition du fort d’Artigues, dont la chute marqua un moment décisif dans l’enlèvement de la place forte.»

7) Citation à l’ordre de l’armée et promotion au grade de commandeur de la légion d’honneur  (rang du 12/2/45 – décret du 3/4/45)
« Magnifique chef de corps qui a affirmé à nouveau sur le Doubs et en Alsace les splendides qualités de chef qui lui avaient été reconnues devant Toulon. A la tête du 6e Régiment d’Infanterie Coloniale, a conduit son unité à l’attaque d’un ennemi solidement retranché dans la boucle du Doubs et forcé la résistance ennemie après une bataille de quatre jours du 14 au 18 novembre 1944, malgré les obstacles accumulés et l’acharnement de la défense des forces qui lui étaient opposées. Poussant ensuite l’exploitation des succès qu’il avait obtenus, a mené son régiment au Rhin, le 22 novembre 1944, au prix d’efforts renouvelés devant Rechesy, Village-Neuf, Huningue. A fait preuve au cours de ses actions de ténacité, d’énergie et d’intelligence tactique admirable jointes à un courage personnel qui lui a permis de s’imposer à tous. »

8) Citation à l’ordre de l’armée (décision n°569 – J.O.R.F. n°101 du 29/4/45)
La 9e Division d’Infanterie Coloniale
« Magnifique division d’attaque qui, sous les ordres du général Morlière et du général Salan, vient de se couvrir de gloire au cours de l’offensive victorieuse qui, déclenchée le 20 janvier, a amené la résorption totale de la poche allemande de Colmar. Malgré la résistance acharnée de l’ennemi, les réactions incessantes de ses blindés et les difficultés considérables dues au terrain et aux conditions atmosphériques, a conquis pied à pied toute la banlieue nord de Mulhouse, repoussant toutes les unités qui lui étaient opposées. Puis, franchissant l’Ill de vive force par une solide tête de pont qui lui a permis de poursuivre rapidement sa marche sur le Rhin, a parachevé cette tache en nettoyant la forêt de la Harth infestée de mines et de pièges, assurant ainsi sur les rives mêmes du Rhin le rejet définitif de l’armée allemande hors du territoire alsacien. A, au cours de ces vingt journées de combat ininterrompu, infligé à l’ennemi des pertes extrêmement lourdes et capturé près de 2500 prisonniers ainsi qu’un important matériel de guerre. »

9) Citation à l’ordre de l’armée (décision n°1106 – J.O.R.F. du 2/12/45)
Le 6e Régiment d’Infanterie Coloniale
« Splendide régiment issu du 6e Régiment de Tirailleurs Sénégalais cité à l’ordre de l’armée à Toulon. Formé en peu de temps de jeunes volontaires ardents et enthousiastes, a de suite confirmé , grâce au dynamisme de cadres magnifiques, des traditions de courage et d’héroïsme. Commandé par le colonel Salan, a fait l’admiration de tous au cours de combats et de succès ininterrompus. Du 14 au 18 novembre 1944, dans la boucle du Doubs, a conduit contre un ennemi solidement retranché, protégé par des champs de mines serrés, un combat acharné, surmontant toutes résistances, détruisant deux bataillons allemands et s’emparant de haute lutte de Ecot, de Vermondan et de Colombier Fontaine, poursuivant l’ennemi, l’a chassé de Valentigney et d’Audincourt. Après s’être frayé un passage à Rechesy sur la route d’Alsace, arrive au Rhin le 22 novembre et fait tomber tour à tour les bastions allemands de Village Neuf et d’Huningue. Le 10 décembre, enfin, par une manœuvre habile et audacieuse, conquiert Loechle et l’usine de Kembs, réduisant la défense maison par maison et capturant un bataillon de la Wehrmacht. A fait preuve au cours de ces actions éclatantes d’un esprit de sacrifice et d’une tenue au combat qui le placent au rang des plus vaillantes unités de l’armée coloniale. »

10) Citation à l’ordre de l’armée (décision n°265 – J.O.R.F. du 18/8/46)
« Officier général de haute valeur qui a pris en octobre 1945 le commandement des Troupes Françaises de Chine et d’Indochine du Nord dans des conditions particulièrement délicates. A su donner confiance et cohésion à des troupes lourdement éprouvées par de graves épreuves matérielles et morales consécutives à une pénible retraite et à l’évolution de la situation intérieure en Indochine. Par de patients efforts et de judicieuses mesures, les a réorganisées et rendues aptes à assurer de nouveau des taches militaires importantes. A fait preuve de remarquables qualités de sang-froid et de confiance raisonnée lors des douloureux incidents de novembre et de janvier qui mirent en péril la vie des Français d’Hanoï. A été pour tous un puissant réconfort et une raison d’espérer. Grâce à son tact, à son sens très aigu des réalités politiques, à ses efforts inlassables que ne parvenaient pas à rebuter l’abondance et l’ampleur des obstacles rencontrés, a pu mener des négociations extrêmement délicates dont l’enjeu était particulièrement important pour les destinées françaises en Extrême-Orient . »

11) Citation à l’ordre de l’armée (ordre général n°17 du 11/1/48 du général commandant supérieur des T.F.E.O.)
« Officier général de tout premier plan aussi riche dans la conception qu’habile et dynamique dans l’exécution, vient une fois de plus de témoigner de ses qualités tactiques hors de pair et de ses dons de conducteurs d’hommes. Au cours d’une campagne de trois mois dans laquelle il a su mettre en œuvre harmonieusement malgré de multiples difficultés les moyens militaires les plus variés, terrestres, aéroportés, aériens et fluviaux, a occupé le cœur du réduit Viêt-minh et a ramené la présence française dans la majeure partie des haute et moyenne régions tonkinoises.
A surpris et battu l’ennemi à maintes reprises en bataille rangée, lui a infligé des pertes considérables, a détruit ses approvisionnement et a complètement disloqué son dispositif, tant gouvernemental que militaire. A rallié du même coup par une politique avisée et adroite d’importantes minorités montagnardes. Payant de sa personne, a su insuffler à ses magnifiques troupes la foi profonde et la froide énergie dont il est animé, faisant, là encore, la preuve du splendide courage personnel constamment montré au cours de sa carrière. »

12) Citation à l’ordre de l’armée (ordre particulier n°70 du 27/7/51 du général d’armée haut-commissaire de France en Indochine et commandant en chef en Extrême-Orient )
« Officier général de très haute valeur qui est pour le commandant en chef l’adjoint le plus précieux. Conseiller particulièrement avisé pour les problèmes indochinois dont il a une expérience approfondie et auxquels il applique une intelligence claire et un sens politique aigu. Brillant chef de guerre qui a donné de nouvelles preuves de ses exceptionnelles qualités. Animé d’une foi rayonnante dans la mission de la France en Extrême – Orient, inspire confiance à tous par son calme et sa lucidité. Connaît parfaitement l’ennemi et possède une remarquable maîtrise des opérations dans ce théâtre. Attentif à l’exécution des missions dont il reçoit la charge ou le contrôle, apporte aux combattants le réconfort d’une présence constante. A assumé au Tonkin avec une particulière distinction des commandements tactiques de grande envergure. A été un des meilleurs artisans du maintien de nos positions dans la zone côtière en décembre 1950, de la victoire de Vinh Yen en janvier 1951 et, en mai, du brillant rétablissement de la situation en pays Thaï. »

13) Citation  à  l’ordre  de  l’armée ( ordre  particulier  n°119 du 11/12/51 du  général d’armée haut commissaire de France en Indochine et commandant en chef en Extrême-Orient)
« Alors qu’il assumait par délégation le commandement en chef, a pris lui-même en mains la direction des opérations en pays Thaï, où s’accusait au cours du mois de septembre une grave menace ennemie.A défendu Nghia Lo contre une division Viêt-minh en montant une manœuvre des plus audacieuses, conduite avec autant de précision que d’autorité. Suivant les combats au plus près, a réussi à lier les actions des troupes terrestres opérant sur un grand front en terrain très difficile et à leur donner un appui particulièrement efficace de l’aviation. A contraint l’ennemi à le retraite et lui a infligé de très lourdes pertes dépassant 3000 tués et blessés. A ainsi donné une preuve nouvelle de son exceptionnelle maîtrise dans les opérations en haute région et de ses très belles qualités de chef.»

14) Citation à l’ordre de l’armée (décision n°14 du 10/4/52 – J.O. du 17/4/52)
« A conçu, préparé et mené avec une totale maîtrise l’opération offensive la plus importante de la campagne depuis 1947, opération qui a déjoué les plans ennemis et a ramené nos forces sur la Rivière Noire et à Hoa Binh, centre vital des communications Viêt-minh. Par une manœuvre hardie, les 14 et 15 novembre 1951, a surpris l’adversaire et a atteint sans coup férir ses objectifs. A fait conduire sans désemparer sur les arrières ennemis des attaques de diversion qui ont gagné le temps nécessaire à notre installation solide sur le terrain conquis et à l’accrochage de notre résistance en prévision des réactions adverses. A accepté calmement ces réactions et, malgré leur violence accrue et entretenue depuis le 10 décembre, a mené avec sang froid et opiniâtreté, sur la Rivière Noire et sur la R.C.6, une bataille défensive où l’ennemi s’est usé et a subi les pertes les plus lourdes. Présent partout sur le champ de bataille qu’il a ainsi choisi, et attentif aux facteurs les plus divers du contact, a montré la plus grande lucidité en allégeant son dispositif aux lieux de moindre intérêt, reportant son effort sur le front principal de la R.C.6 et reconstituant ses réserves. Malgré l’âpreté de la lutte et la fatigue des combattants, est resté inébranlable dans sa décision de mener le combat jusqu’à épuisement de l’adversaire. A su ainsi forcer la victoire et, au cours de huit semaines d’engagements ininterrompus, a infligé au Viêt-minh plus de 10.000 tués, blessés et prisonniers. A pris sur son adversaire un ascendant dont les conséquences morales et matérielles apparaissent déjà déterminantes pour la campagne d’hiver 1951-1952. »

15) Citation à l’ordre de l’armée (ordre particulier n°183 du 20/7/52 du ministre d’Etat chargé des relations avec les Etats associés – décision du 25/9/52 – J.O. du 4/10/52)
« Commandant en chef de très haute qualité, poursuit avec foi et ténacité l’œuvre de son illustre prédécesseur, justifiant chaque fois la confiance placée en lui par le gouvernement. Vainqueur à Hoa Binh, il met immédiatement à profit l’ascendant acquis sur l’ennemi pour exploiter les résultats moraux et matériels de cette victoire sans précédent. Chasser en les attaquant sans cesse les unités Viêt-minh infiltrées dans les zones contrôlées, asseoir notre occupation et assurer la pacification des territoires, telles sont les étapes du plan d’action qu’il fixe par des directives qui témoignent de sa haute compréhension de la situation politico-militaire de l’Indochine et de son sens aigu des possibilités de l’ennemi comme de celles du corps expéditionnaire. Présidant à l’élaboration des plans opérationnels, se portant partout où il sent que se joue une action essentielle, il anime de ses conseils et de sa présence réconfortante les commandants de territoires  qui trouvent en lui un chef hautement compréhensif de leurs difficultés et de leurs besoins. Aussi les résultats ne se font pas attendre. Dans le nord et le centre Vietnam, notamment, les opérations se déroulent suivant son plan, l’ennemi subit des échecs cuisants et déjà l’action pacificatrice peut être efficacement entreprise. Parallèlement, il met au service de la jeune armée vietnamienne toutes les ressources de sa profonde expérience et son attachement au pays auquel il s’est entièrement consacré. Sous sa ferme et bienveillante autorité, le corps expéditionnaire, parfaitement commandé, entretenu et animé, marche sans défaillance sur les chemins qui le conduiront à la victoire. »

16) Citation à l’ordre de l’armée (ordre particulier n°86 du 23/5/53 du ministre d’Etat chargé des relations avec les Etats associés – décision n°40 du 8/8/53)
« Chef prestigieux, a poursuivi avec une foi d’apôtre l’œuvre inachevée de son illustre prédécesseur, le maréchal de Lattre de Tassigny, vers la libération des Etats associés. Constamment dans l’action, il conduit personnellement de bout en bout la bataille du nord-ouest pendant l’hiver 1952-1953, puis celle du Laos au printemps 1953. A tous moments maître de sa manœuvre, il déjoue les plans de l’adversaire, en retarde l’exécution, l’oblige à diviser ses forces, lui impose sa volonté et sa bataille et obtient les plus beaux succès. Ainsi à Na San, où l’ennemi subit de lourdes pertes qui l’obligent à abandonner la lutte et à accepter la menace de cette place sur ses lignes de communication essentielle au développement de sa bataille. Ainsi la manœuvre au Laos, où l’ennemi retardé dans sa mise en place, surpris par la décision du repli de la garnison de Sam Neua, se voit contraint de se lancer dans des opérations qu'il n’a ni prévues ni organisées et, sans atteindre ses objectifs, à se retirer épuisé et constamment harcelé. Portant une égale attention aux autres fronts de l’Indochine, il fait exécuter dans le Centre-Vietnam, en particulier, des opérations combinées qui déjouent, là aussi, les plans du commandement Viêt-minh et garantissent à la fois la sécurité de ce territoire et celle des plateaux montagnards. Dans le même temps, il apporte aux grands problèmes de la pacification, des transferts et du développement des armées nationales  des solutions marquées de sa lucide intelligence et de sa saine compréhension des problèmes politico-militaires de ce pays.  Chef hautement apprécié des souverains et des gouvernements des Etats associés, comme des plus hauts représentants des nations alliées, inspire à tous une égale confiance et obtient ainsi pour la lutte qu’il dirige avec une efficacité unanimement reconnue l’aide matérielle et morale nécessaire au corps expéditionnaire. Le général Salan mérite à ces titres la reconnaissance la plus entière de la France et des Etats associés. Il prend rang parmi les grands serviteurs de son pays, dont il maintient très haut le prestige et l’influence. »

17) Citation à l’ordre de l’armée (décision n°45 – J.O. du 24/12/57)
« Chef riche d’une rare expérience que de multiples campagnes et les responsabilités assurées au cours de hauts commandements lui ont permis d’acquérir. Désigné au début du mois de décembre 1956 pour exercer les fonctions de commandant supérieur inter-armées en Algérie, a fait preuve, une fois de plus, d’un ensemble exceptionnel de qualités : appréciation exacte des réalités, sens aigu de l’organisation, maîtrise indiscutée dans l’action, énergie sans faille alliée à un sentiment profond de l’humain. A du faire face dès sa prise de commandement à une action rebelle généralisée. A pris l’ascendant sur l’adversaire dans tous les domaines, faisant échec au terrorisme urbain et aux incursions des bandes armées. Au début de l’été, a pris l’offensive sur toute l’étendue du territoire algérien, obtenant en quatre mois des résultats remarquables, tant sur le plan militaire que sur celui de la pacification. Sous son impulsion, les troupes d’Algérie ont renforcé et renoué des contacts confiants avec des fractions sans cesse croissantes de la population, lui apportant l’aide la plus généreuse, montrant ainsi la haute priorité donnée à la mission protectrice et pacificatrice de l’armée. »