Les ouvrages sur Raoul Salan

Le procès de Raoul Salan
Compte-rendu sténographique

Sténographie complète des audiences, réquisitoire, plaidoiries, verdict,
Editions Albin Michel, 1962
 
A peine le procès d'Edmond Jouhaud était t-il terminé, qu'on apprit l'arrestation, à Alger, de Raoul Salan, chef de l'O.A.S. . Transféré le jour même par avion à Paris, il était incarcéré à la prison de la santé.
Dès le surlendemain, Maître Courcol, juge d'instruction voulut le soumettre à un interrogatoire, mais Raoul Salan lui déclara que, préalablement à son audition, il convenait d'entendre 38 témoins dont il fournit la liste.
Au terme d'un communiqué publié par la défense, il aurait dit:
"... Pour que je sois en mesure d'assurer mes responsabilités devant la justice il faut me permettre d'exercer le droit qu'a tout inculpé de démontrer sa non culpabilité. Le juge d'instruction est une juridiction chargée d'apprécier la criminalité ou la non criminalité des faits qui lui sont soumis. L'audition des témoins, le cas échéant, la confrontation entre ces témoins et l'inculpé, est indispensable..."
 ../..


Le procès du Général Raoul Salan
Sténographie complète des audiences , réquisitoires , plaidoiries , verdict
Ouvrage collectif
Avant-propos des avocats :
Tixier-Vignancour , Goutermanoff , Menuet , Le Coroller
Nouvelles Editions Latines, 1962

En particulier , la déclaration du Général Salan , suivi du « Désormais , je garderai le silence « et les plaidoiries de la défense qui ont abouti à sa condamnation à la détention criminelle à vie , avec les circonstances atténuantes .

Le Général Salan évita , ainsi , la condamnation à mort , appliquée au Général Edmond Jouhaud , quelques jours plus tôt par le même Tribunal .



Le procès Salan et la presse française
Editions Galic, 1962

Le jour où Raoul Salan fut arrêté, la presse française fut formelle : L’OAS avait vécu. Ainsi, le 21 avril 1962, LA NOUVELLE REPUBLIQUE DES PYRENEES, le quotidien de Tarbes, titrait sur toute la largeur de sa première page : « L’arrestation de Salan sonne le glas de l’OAS. » « C’est un coup décisif, porté à l’OAS. », annonçait le même jour HAVRE LIBRE.

Ce n’était point là l’opinion de Marcel Carasso qui écrivait alors dans le quotidien communiste LA MARSEILLAISE :
« Salan arrêté, c’est bien. L’OAS en subira inévitablement le contrecoup. Mais de là à croire que désormais tout est réglé, il y a une marge. La liquidation nécessaire et complète de l’organisation fasciste implique que son chef soit rapidement jugé et exécuté. Comme doit être exécuté son complice Jouhaud, déjà condamné à mort par le Tribunal Militaire… »
 Marcel Carasso défendait ainsi la même opinion que René Andrieu, lequel écrivait précisément dans L’HUMANITE du 21 avril :
« L’arrestation du chef « militaire » de l’OAS, l’ex-général Salan, porte un coup sévère à l’organisation fasciste. Elle ne peut manquer de réjouir tous les partisans de la paix car elle répond à l’une des exigences exprimées avec force par l’opinion publique, notamment le jour du référendum. …/… »

Fabrice Laroche(Alain de Benoist)
Salan devant l’opinion
Editions Saint Just, 1963
 
L’homme de la rue connaît Salan mais le connaît-il bien ? Force est de constater que le général Salan est l’une des rares personnalités n’appartenant pas à l’appareil gouvernemental et peut-être le seul à propos de qui la presse ait accumulé des gros titres depuis bientôt trois ans.
En effet l’actualité a fourni assez de rebondissements successifs pour mettre en vedette le même nom, se centrer sur lui, ôter son mystère.
Clandestin pendant un an, guère mieux connu auparavant, Salan a vite symbolisé un courant supérieur à son propre personnage. Pour les uns, incarnation la plus manifeste d’un pays fasciste que ses adversaires s’évertuaient à découvrir dans les voltes douteuses d’une organisation secrète, il représentait pour les autres, au contraire, la sincérité dans le courage, l’espoir immense de rester français sur la dernière des terres d’empire.
D’avril 1961 à avril 1962, chacun s’accorda à poser l’équation Salan = O.A.S.. A partir de quoi on le voyait, comme un chef des tueurs, sorte de nouvel « ennemi public N°1 », ou bien comme le chef incontesté d’un ensemble bien vivant, et en tout cas rangé sous ses ordres. L’apaisement des passions, la suppression de fait des slogans que n’épaulait aucune doctrine, ont démontré depuis, d’amples façons, l’inanité des formules employées. Cependant, à coup d’idées reçues, d’argumentation stéréotypée, les idées s’affrontaient avec une tension à ce point générale que seul le verdict du procès Salan la révéla. Mais la vie de Raoul Salan, sa confrontation vis à vis de l’opinion n’a pas commencé en 1961. Il est de mauvaise propagande de braquer les projecteurs sur quelques années d’une vie pour laisser dans l’ombre le restant , alors qu’on doit bien reconnaître, dans les positions prises, une continuité naturelle même précipitée par tel ou tel événement. C’est cet enchaînement, le cortège d’affaires et de conflits dont le général Salan a été le point de rencontre, les échos rencontrés par leur déroulement et leur dénouement, que l’on peut maintenant retracer.


André Figueras
Salan Raoul ex-Général d’armée
Editions la Table Ronde, 1965

Il existe, dans l'Histoire, peu de destinées aussi tragiquement surprenantes, et surtout aussi contrastées, que celle de Raoul Salan, qui, après avoir connu le faîte des honneurs, cautionné un coup d'Etat et assuré l'instauration en France d'un nouveau régime, entra bientôt en rébellion contre celui-ci, dirigea une lutte clandestine, et, après avoir sauvé sa tête d'extrême justesse devant un Haut Tribunal Militaire, se trouve actuellement enfermé à la Maison de détention de Tulle.

Ecrire la vie d'un tel homme était à la fois une tentation et une gageure, car il fallait résister à l'envie éventuelle de prendre parti, et, d'autre part, admettre d'emblée qu'à l'heure actuelle il n'est pas encore possible de tout dire sur des évènements trop brûlants et trop proches.
Restait cependant un beau portrait à esquisser, une carrière plus que brillante à retracer, avec tout ce qu'elle a comporté de côtés pittoresques et grands, et puis à décrire un destin cruellement infléchi.
En dépit des difficultés évidentes, André Figueras a réussi à rassembler une documentation complète sur le Général Salan. En dépit de ses penchants polémiques bien connus, Figueras a su demeurer sur le droit chemin de l'objectivité, et c'est ainsi un élément capital qu'il verse au grand dossier difficile d'une époque contemporaine particulièrement mouvementée.

André Figueras
Raoul Salan, général rebelle
Réédition
Edition Didro, 2008











André Figueras
Raoul Salan général rebelle
Réédition
Edition Déterna, 2001











Jean Ferrandi
600 jours avec Salan et l’OAS
Editions Fayard, 1969

C’est en compagnie de Jean Ferrandi, son ancien officier d’Etat Major, que Salan s’était enfui en Espagne en décembre 1960. C’est en sa compagnie qu’il s’était envolé de Madrid pour Alger, en avril 1961, pour y prendre la tête du putsch qui venait d’éclater.

Jean Ferrandi fut arrêté en même temps que le général Salan à Alger, en avril 1962, dans leur commun refuge clandestin.
En publiant le « Journal de marche » qu’il a tenu au cours des dix-huit mois tragiques passés auprès de Salan, Jean Ferrandi nous donne un témoignage décisif d’autant plus précieux que son auteur a su garder, au milieu du combat où il s’était engagé, toute sa liberté d’esprit. Ayant connu au jour le jour la vie tourmentée de l’O.A.S, ayant participé à toutes les décisions de son chef, Ferrandi est resté un observateur serein, lucide et souvent ironique. A l’heure où les passions s’apaisent, le livre de Jean Ferrandi doit permettre de replacer dans une plus juste perspective le drame qui a si profondément déchiré la conscience nationale.


André Figueras
L’ Affaire du Bazooka
1957 : Qui a voulu tuer Salan ?

Editions La Table Ronde , 1970


Deux crimes d’ Alger : l’ assassinat de l’ Amiral Darlan le 24 décembre 1942 et celui du commandant Rodier le 16 janvier 1956. Ce fut, en 1956 , l’ Affaire du Bazooka qui visait le Général Raoul Salan qui échappât à la mort ; malheureusement pas, le Commandant Rodier.








André Figueras
L'affaire du Bazooka
Réédition
Editions Déterna, 1999











Alfred Fabre-Luce
Deux Crimes d’Alger
Editions Julliard , 1980


A Alger , un complot visait à remplacer le Commandant en Chef , le Général Raoul Salan. Raoul Salan échappa à la mort ; malheureusement le Commandant Rodier , son chef de cabinet le paya de sa vie.



Cette affaire fut largement évoqué lors du procès du Général Salan en 1962 par les avocats de la défense.






Bob Maloubier
Bazooka
La confession de Philippe Castille

Préface de Jean Lartéguy
Editions Filipacchi, 1988


Après avoir participé au complot du Bazooka contre le Général Salan , Philippe Castille va rejoindre les rangs de l' OAS Métro Il sera l' organisateur de la " nuit bleue du plastic " du 17 er 18 janvier 1962 à Paris avec Jean-Marie Vincent et ses équipes Son camarade du 11° Choc , Bob Maloubier à été le seul à pouvoir recueillir ses confidences sur le complot Enfin , Jean Larteguy parle d' un " rêve qui a tourné au cauchemar " , quand il évoque la fin de l' Algérie Française.




Alain Gandy
Salan
Editions Perrin, 1990

C’est la première biographie du général Salan ( 1899-1984) qui, de la guerre de 14-18 à celle d’Algérie, et à sa condamnation à la réclusion perpétuelle, a vécu toutes les guerres et les déchirements de la France du XXe siècle.

Engagé volontaire à dix huit ans, général à 45 ans, interlocuteur privilégié de Hô Chi Minh en 1946, « maréchal » préféré de De Lattre, commandant en chef en Indochine, commandant en chef en Algérie, figure centrale des évènements fondateurs de la cinquième république, officier le plus décoré de l’armée française, il devient, à 62 ans, le porte drapeau de la rébellion de l’Algérie Française, entre dans la clandestinité, resurgit le 20 avril 1962, menottes aux mains, et sera le héros marmoréen, d’un des grands procès de l’histoire. Ses admirateurs l’appellent « le maréchal oublié » et toute l’armée le surnommait « le mandarin ».
Son nom, aujourd’hui, évoque surtout l’Algérie, le coup de bazooka qui le manqua en 1957, l’insurrection du 13 mai 1958, son appel à de Gaulle lancé du balcon du forum, le putsch d’avril 1961, l’OAS dont il fut le chef, et enfin le procès dramatique au terme duquel ce général d’armée échappa à la peine de mort, à la grande fureur du général de Gaulle.
Mais Salan avait vécu 59 ans avant de devenir la figure centrale du drame algérien. En lisant le récit de sa vie, on découvre cet homme énigmatique, marqué par ses 14 ans de séjour en Indochine et dont la rébellion après quarante-trois ans de légalisme républicain surprendra tout le monde. On s’aperçoit que, dès le grade de capitaine, Salan paraît indispensable à ses supérieurs et remplit des missions qui vont bien au delà de ses fonctions officielles. Son souci du renseignement, du secret, sa prudence, son habileté diplomatique, sa lucidité, alliées à des dons tactiques et stratégiques, manifestes dès 1944, et aussi sa neutralité politique font qu’on finit toujours par venir ou revenir à lui. En 1957, certains cénacles le considéraient curieusement comme un obstacle à l’Algérie Française. Ainsi tentèrent-ils de supprimer celui qui allait paradoxalement en devenir le porte drapeau.
C’est dire la complexité et le parcours extraordinaires du général Salan.


Dominique Salan
Raoul Salan
Le destin d’un homme simple
Editions Atlantica, 2003
 
Le nom de Raoul Salan reste, dans la plupart des mémoires, associé au Putsch et à l’OAS. Ce qui ne représente qu’une année de sa vie a pourtant marqué à jamais l’image qu’a retenue de lui l’Histoire. Il nous a paru injuste que seule demeure dans les esprits son action au cours d’une période qui fut, pour la France et l’Algérie, celle de la discorde et de la violence, mais aussi celle de l’incompréhension et de l’abandon.
A l’heure où le devoir de mémoire semble plus que jamais préoccuper nos contemporains, il importait de montrer de Raoul Salan un visage différent. Ses années de jeunesse, ses actions durant les deux guerres mondiales et la guerre d’Indochine, sa blessure au Levant, ses travaux de route au Laos, son passage au service des Renseignements, ses pourparlers avec les généraux chinois, son voyage avec Hô Chi Minh sont certes moins connus que l’épisode de l’Algérie et ce qui s’ensuivit.
Il fallait mettre en lumière certains de ces faits sans occulter les autres. C’est la raison d’être de ce livre.
 
Dominique Salan est née le 15 mars 1946 à Hanoï. Elle a accompagné son père dans tous les postes qu’il a occupés, tant en Indochine qu’en Algérie, et l’a suivi dans sa clandestinité jusqu’en avril 1962. Durant l’incarcération de Raoul Salan à Tulle, elle a passé une licence de lettres. Mariée en 1969, elle a cinq enfants et cinq petits-enfants. Elle a travaillé dans l’édition jusqu’en 1996 et fait maintenant une maîtrise dans le cadre de l’école des Langues et Civilisation de l’Orient ancien.



Jacques Valette
Le 13 mai du Général Salan
Collections Histoire et Mémoires combattantes,
L’esprit du livre Editions
Mars 2008
 
C’est grâce aux nombreuses archives inédites laissées par le Général Salan, couvrant l’ensemble de sa carrière militaire, que le professeur Jacques Valette éclaire d’un jour nouveau l’épisode du 13 mai, qui a précipité la chute de la IVème République. Rectifiant les idées inexactes répandues par les médias depuis des années, il éclaire le rôle stabilisateur du Général Salan, alors commandant en chef ayant reçu délégation de pouvoirs du gouvernement. La prise du Bâtiment du gouvernement général, à Alger, le 13 mai 1958, n’est pas le résultat d’un complot militaire, mais celui de l’action de quelques leaders locaux. Surpris par les événements, le Général Salan s’est immédiatement efforcé de maîtriser le courant pour ne pas risquer de perturber les opérations en cours contre le FLN. Cela relevait de sa responsabilité.
La naissance des « comités de salut public » lui fut étrangère. En les faisant encadrer par des officiers, dont le Général Massu à Alger, il les a détournés de devenir des substituts de l’administration régulière ou des instruments anti-républicains. Il les a employés comme supports d’une vaste action psychologique, sur les Européens et sur les musulmans, contre l’idée de négocier avec le FLN sur la base de l’indépendance. Car telle était, selon lui, la politique du président du conseil, Pflimlin.
Salan a toujours maintenu des relations avec le chef du gouvernement et avec le Général Ely, chef d’Etat-Major Général. Des officiers et des hauts fonctionnaires ont continuellement assuré la liaison avec Paris.
Ce sont des militants gaullistes d’Alger, soutenus par un réseau parisien lié à De Gaulle, qui ont réussi à imposer l’idée que son retour était une nécessité pour empêcher tout abandon de l’Algérie. Pour Salan, l’opération Résurrection n’a été qu’une action d’intoxication psychologique, destinée à faire céder les hauts responsables gouvernementaux. Et le Général De Gaulle en était informé !
Jacques Valette est agrégé de l’Université, docteur ès-Lettres et professeur honoraire des Universités. Spécialiste de l’histoire de la colonisation et de la décolonisation, il est l’auteur de " la guerre d’Algérie des Messalistes" (L’Harmattan, 2001) et de nombreux articles sur le contre maquis pendant la guerre d’Algérie (Guerres mondiales et conflits contemporains, PUF).


Jacques Valette
La guerre d’Algérie du Général Salan
Collections Histoire et Mémoires combattantes,
L’esprit du livre Editions
Octobre 2008
 
Commandant supérieur interarmées et commandant de la Xe région militaire en Algérie, de décembre 1956 à décembre 1958, le Général Salan a comparé ses responsabilités aux charges d’un commandant de groupes d’armées en temps de guerre.
Sa stratégie consista à donner aux unités les moyens de lutter contre les maquis et à soutenir la lutte contre le terrorisme. Il adapta son armée à la guerre subversive et réorganisa le service de renseignement, pour détruire l’infrastructure clandestine du FLN, l’organisation politico-adminstrative (OPA). Il fut poussé par le gouvernement et surtout par le ministre résidant, Lacoste, qui comptait sur l’armée pour réussir les réformes politiques en Algérie.
Un autre objectif majeur fut la construction de barrages aux deux frontières territoriales, pour empêcher l’entrée dans le pays de convois terrestres d’armées de combattants instruits en Tunisie ou au Maroc. Salan fut assez persuasif pour obtenir des ministres les crédits nécessaires et le soutien moral indispensable. Les résultats en furent indéniablement positifs.
Il intégra dans sa stratégie la défense du Sud algérien contre l’armée de libération marocaine à l’Ouest et l’ALN à l’Est. Protéger les prospecteurs pétroliers et les chantiers d’extraction s’ajouta à toutes ses responsabilités. Il dut faire établir des plans de défense du pipeline et du chemin de fer amenant les hydrocarbures à la mer. Il fournit même les moyens de protéger la Mauritanie et l’Afrique occidentale espagnole.
La nature même de son commandement l’amena à exercer des  responsabilités politiques, dont les destin de la France allait être marqué. En détruisant des camps de l’ALN en territoire tunisien, en faisant bombarder un centre  de regroupement de fellaghas à Sakiet, il cristallisa une crise franco-tunisienne, latente depuis des mois.
En mai 1958, en assumant les pleins pouvoirs civils et militaires que lui remettait le gouvernement, il fut l’artisan principal du retour au pouvoir du Général De Gaulle, vu comme le garant de cette stratégie réaliste.
 
Jacques Valette est agrégé de l’Université, docteur ès-Lettres et professeur honoraire des Universités. Spécialiste de l’histoire de la colonisation et de la décolonisation, il est l’auteur de " la guerre d’Algérie des Messalistes " (L’Harmattan, 2001) et de nombreux articles sur le contre maquis pendant la guerre d’Algérie (Guerres mondiales et conflits contemporains, PUF).



Jacques Valette
1945 – Le Général Salan dans le piège indochinois
Collections Histoire et Mémoires combattantes,
L’esprit du livre Editions
Avril 2009
 
Le rôle secret du Général Salan dans le retour des français en Indochine en 1945. Traitant directement avec le Viet-minh, il est l’un des acteurs majeurs des pourparlers de l’année 1946, comme le révèlent ses archives privées.
Le Général Salan redécouvre l’Indochine, où il a servi lorsqu’il était jeune officier, quelques semaines après la capitulation japonaise, en octobre 1945. Ses archives apportent un éclairage sur son rôle durant les semaines de son bref commandement.
Il est chargé par le haut commissaire Thierry d’Agenlieu et le Général Leclerc, commandant en chef, de ramener les quelques milliers de soldats réfugiés en Chine après le coup de force japonais du 9 mars 1945, que Leclerc compte utiliser pour réoccuper le Tonkin. Il doit également obtenir le repli des divisions chinoises qui, sous couvert de recevoir la capitulation japonaise, ont entrepris de vivre aux dépens du Tonkin. Il a rempli sa mission.
En Chine, il est parvenu à réorganiser les unités françaises, à les réarmer et à les envoyer occuper une zone clef, le pays Thaï, où il savait trouver l’appui politique d’une grande famille francophile, les Déo. Le gouvernement central chinois ayant obtenu satisfaction quant à son débouché par Haïphong, Salan a fait accepter aux militaires qu’ils rentrent dans leur pays.
Mais ces archives révèlent surtout le rôle méconnu de Salan auprès des dirigeants du Viet-minh, dans l’ombre, pour leur faire accepter le débarquement de quelques milliers de soldats derrière Leclerc. Comme responsable militaire du Nord de l’Indochine, il a été associé par le gouvernement à toutes les rencontres avec eux, jusqu’à la malheureuse conférence de Fontainebleau de l’été 1946, révélant à ses supérieurs de Paris l’emprise des unités Viet-minh sur toute la péninsule, suggérant même d’éviter toute rupture en raison de la complexité de la situation interne à Saïgon ou dans les campagnes.
Une première expérience de la décolonisation, où se mêlent facteurs militaires, propagande idéologique et manœuvres pour s’emparer du pouvoir de l’ancien colonisateur.
Jacques Valette est agrégé de l’Université, docteur ès-Lettres et professeur honoraire des Universités. Spécialiste de l’histoire de la colonisation et de la décolonisation, il est l’auteur de "Le 13 mai du Général Salan" et de "La Guerre d’Algérie du Général Salan" (L’esprit du livre Editions, 2008).

Jacques Valette
Salan, délégué général en Algérie – La fin de l’illusion
Collections Histoire et Mémoires combattantes,
L’esprit du livre Editions
Mars 2010
 
Eté 1958. Salan n’a plus d’illusion. Il sait désormais que le gouvernement ne tiendra pas ses engagements de conserver l’Algérie française. Retour sur l’un des plus grands traumatismes de l’histoire française.
Après l’investiture de De Gaulle comme président du Conseil, le Général Salan est confirmé dans ses fonctions de délégué général du gouvernement en Algérie. Pendant quelques mois, il s’efforça de poursuivre la lutte contre la guerre subversive du FLN, en l’appuyant par des réformes qu’avaient initiées le ministre Robert Lacoste avant le 13 mai. Il s’agit de multiplier les signes de l’intégration de l’Algérie dans la France métropolitaine par la réforme des collectivités territoriales, par le collège électoral unique, par le vote des femmes musulmanes et enfin par l’élection des députés. Seule une politique dynamique de développement économique pourra faire reculer la pauvreté et permettra l’émergence d’une nouvelle élite musulmane attachée à la France. Le gouvernement ne le suit pas .
C’est ce que révèlent les archives du Général Salan, au travers desquelles on assiste à la rapide distorsion entre les objectifs officiels du délégué général et les ambiguités de l’entourage du chef du gouvernement. N’ayant qu’une interprétation restrictive de la notion d’intégration, De Gaulle modère en effet le succès des grandes consultations populaires.

Enfin le général Salan comprend que le Plan de Constantine, objet médiatique pour le gouvernement, ne portera jamais ses fruits, faute d’être financé entièrement.
On voit ainsi le début d’un drame, la fin de l’illusion dont Salan se faisait le champion.
Jacques Valette est agrégé de l’Université, docteur ès-Lettres et professeur honoraire des Universités. Spécialiste de l’histoire de la colonisation et de la décolonisation, il est notamment l’auteur de "Le 13 mai du Général Salan",  "La Guerre d’Algérie du Général Salan et 1945 : le Général Salan dans le piège indochinois" (L’esprit du livre Editions).


Jacques Valette
Salan contre le Viet-Minh
Pays Thaï et Laos
Collections Histoire et Mémoires combattantes,
L’esprit du livre Editions
Mars 2011
 
Retour sur une campagne oubliée de la guerre d’Indochine qui a favorisé le rejet par les Thaïs et les Laotiens de la domination vietnamienne et a mis en lumière les insuffisances de l’armée française dans la péninsule.
 
En octobre 1952 l’armée Viêt-Minh, conseillée par les chinois, attaque la frontière entre le Tonkin et le pays Thaï, s’empare de quelques postes français et fonce sur le Laos, sans que les mouvements de troupes aient été repérés par les  français. Sous le commandement en chef du général Salan, la guerre change de dimension : le conflit centré sur le delta du fleuve Rouge, au nord de la péninsule, devient une offensive visant le Mékong et le Sud. Il ne cessera qu’en 1954, avec la fin des combats.
Salan ignorait les projets stratégiques de Giap : bloquer les français dans le Delta pour conduire l’offensive principale, au cours de l’hiver 1952-1953, dans les régions montagneuses du Nord-Ouest, utiliser la résistance laotienne des Lao Issira, favorables au Vietminh, pour concentrer des renforts venant d’autres régions. Il fallait profiter de l’approche de la saison sèche, de l’incapacité des français à lancer une grande opération pour libérer une partie de ce territoire et favoriser la révolution laotienne. Outre le pays Thaï, c’est bien le Laos qui était ciblée.
Cette campagne qui dure moins d’une année (entre 1952 et 1953) n’aura pas d’effet sur l’issue de la guerre d’Indochine. De nos jours, elle est presque oubliée, masquée par la bataille de Dien Bien Phu. Elle a pourtant cristallisé le rejet par les Thaïs et les Laotiens de la domination vietnamienne et communiste et mis en lumière à la fois les insuffisances matérielles de l’armée en Indochine et la qualité des intuitions stratégiques du commandement. Il en reste le souvenir de la victoire tactique de Na San.

Pierre Pellissier   
Salan
Quarante années de commandement  
Éditions Perrin , 2014

« Homme secret, à la fois dernière grande figure de l’Empire et chef de l’OAS, la personnalité du général Salan est à bien des égards un mystère. Son action, pourtant est connue. Elle illustre l’histoire militaire de la France au XX siècle, des tranchées de la Première guerre mondiale à la bataille d’Alger.

Aspirant en 1918, le conflit de 1940-45 le trouve partout où un officier peut combattre. Vient ensuite le temps des incertitudes : en Indochine, il approche les sommets de la hiérarchie sans cependant réunir sous son nom l’autorité civile et militaire. Le pouvoir politique lui refuse renforts et moyens.
La question algérienne change tout : il entre pratiquement en rébellion contre le dernier gouvernement de la IV République pour rejoindre ceux qui appellent au retour de De Gaulle. Les évolutions, initialement dissimulées, de celui-ci qui s’apprête à remettre l’Algérie au FLN, troublent puis exaspèrent Raoul Salan. Il gagne l’Espagne pour garder sa liberté d’action et rejoint Alger le 23 avril 1961 pour se retrouver aux côtés des généraux Challe, Jouhaud et Zeller. Il reste en Algérie et prend la tête de l’OAS. Après son arrestation, il est condamné à la détention  criminelle à perpétuité et passe six ans principalement à la prison de Tulle.

Pierre Pellissier, en racontant ce parcours unique, livre les clés de compréhension d’un homme passé de l’obéissance à la dissidence et, grâce à des archives inédites, lève le voile qui recouvre un soldat admiré puis rejeté par la République »


Max Schiavon
Le Général Salan  Défenseur de l'Empire
Éditions E.T.A.I. , 2014


"Le général Salan est l'un des chefs militaires les plus connus du grand public, mais aussi l'un des plus controversés en raison de sa participation au putsch des généraux à Alger en 1961, puis comme responsable de l'Organisation de l'armée secrète (OAS). Cependant, sa vie ne peut se résumer à ces événements. Après Saint-Cyr, il choisit l'infanterie coloniale et combat près de Verdun en 1918. Il sert ensuite en Syrie où il est gravement blessé, et enfin longuement en Indochine. Après avoir organisé des sabotages en Éthiopie italienne juste avant la seconde guerre mondiale, il mène un bataillon de Sénégalais au combat en juin 1940, puis sert dans l'armée d'armistice avant de participer aux combats de la Libération. Promu général à 45 ans seulement, il effectue quatre séjours en Indochine, occupant des postes de plus en plus élevés jusqu'à celui de commandant en chef. À partir de 1956, il commande l'armée en Algérie, qu'il quitte fin 1958 pour devenir gouverneur militaire de Paris.
Illustré par près de 250 photos et documents, pour la plupart inédits, ce livre permet de comprendre qui était réellement Raoul Salan, le chef militaire, mais aussi l'homme, avec ses qualités et ses défauts, ses forces et ses faiblesses."

Jean-Paul Angelelli, Bernard Zeller
Salan Qui suis-je ?
Éditions Pardes, 2016

Raoul SALAN (1899-1984)
Un vers de Baudelaire ouvre les mémoires inachevés de celui qui incarnera le combat pour l’Algérie française : « J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans. ». Ce « Qui suis-je ? » permet de suivre son exceptionnel destin. Admis à Saint-Cyr en 1917, il choisit l'infanterie coloniale. Les combats de novembre 1918 marquent pour la vie ce jeune officier. Détaché dans l'administration coloniale en Extrême-Orient (1924-37), il sort de la tourmente de 1940 avec trois citations. En 1944-45 du débarquement en Provence à l’Allemagne, il mène ses troupes jusqu’à la victoire. En Indochine, aux côtés de Leclerc, en 1945, puis de de Lattre en 1951, il défend ce pays qu’il a bien connu dans l’entre-deux guerres. Il y affronte un ennemi implacable : le Viet Minh. En Algérie, de 1957 à 1958, il combat un autre ennemi : le FLN, et rétablit une situation compromise, non sans échapper à un attentat politique (le bazooka). En mai 1958, il couvre  une révolte patriotique contre la IVe République, appelant le général de Gaulle au pouvoir pour sauver l’Algérie française.
Nommé gouverneur militaire de Paris en 1959, le général  Salan s’inquiète des ambiguïtés algériennes de la politique gaullienne. En avril 1961, il s’associe à un coup d’État militaire qui échoue. Il plonge alors dans une résistance militaro-civile, l’OAS (Organisation de l’armée secrète), qu’il conduit jusqu’à son arrestation en 1962. Condamné à la détention perpétuelle, il échappe à la peine de mort. Libéré en 1968, il se retire avec sa famille et recouvre tous ses droits. Jusqu’à sa mort il n’oubliera ni ne pardonnera la liquidation tragique de l’Algérie française.


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