Pierre Pflimlin

Né à Roubaix le 5 février 1907, Pierre Pflimlin fait ses études au lycée de Mulhouse, à l’Institut Catholique de Paris et à l’université de Strasbourg. Diplômé en droit et en sciences économiques, il est avocat en 1933 au barreau de Strasbourg. Combattant en 1940, capturé par les Allemands, il est  libéré au bout de six mois. Il fait un passage au secrétariat général de la jeunesse, à Vichy, en 1941, puis est juge d’instruction à Thonon-les-Bains de 1941 à 1944 et substitut du procureur de la république à Metz en 1944.

Il adhère au M.R.P., dès sa création en 1945, et est élu aux deux assemblées constituantes en 1945 et 1946. Dès 1946, il est sous-secrétaire d’état au ministère de la santé publique et de la population puis sous-secrétaire d’état à l’économie nationale. En novembre 1946, il est élu député du Bas-Rhin (il le sera jusqu’en 1971). Il est ministre de l’agriculture dans huit gouvernements entre 1947 et 1951. Ensuite se succèdent, jusqu’en 1958, les portefeuilles dans la plupart des cabinets de la quatrième république : le commerce, l’Europe, la France d’outremer, les finances et les affaires économiques.  Parallèlement, de 1956 à 1959, il est président du M.R.P.. Après la mise en minorité du gouvernement de Félix Gaillard, le 15 avril 1958, Pierre Pflimlin est pressenti, le 9 mai 1958, par le président Coty pour former un nouveau cabinet. Il obtient l’investiture dans la nuit du 13 au 14 mai 1958, après la formation à Alger d’un comité de salut public présidé par le général Massu. Il démissionne le 28 mai et sa démission est officiellement acceptée le 31 mai par le président de la république, ce qui ouvre la voie à l’investiture de Charles de Gaulle le 1er juin.

Il est l’un des quatre ministres d’état dans le cabinet De Gaulle jusqu’au 8 janvier 1959, date de la prise de fonction de président de la république par Charles de Gaulle. Il entre dans le premier cabinet Pompidou le 15 avril 1962, mais en démissionne le 15 mai à la suite d’une violente philippique de De Gaulle contre l’intégration européenne lors d’une conférence de presse tenue le même jour.

En plus de ses fonctions et mandats nationaux, Pierre Pflimlin est maire de Strasbourg de 1959 à 1983, président de la communauté urbaine de Strasbourg de 1967 à 1983 et président du conseil général du Bas-Rhin de 1951 à 1976.

De 1962 à 1965, il préside l’assemblée parlementaire du conseil de l’Europe.  En 1979, il est élu (au suffrage universel) au parlement européen, en devient le vice-président la même année et président de 1984 à 1987.

Retiré de la vie politique en 1987, auteur de « Mémoires d’un Européen » publié chez Fayard en 1991, titulaire de la croix de guerre 1939-1945, Pierre Pflimlin meurt le 27 juin 2000.


Le 12 mai 1958, à Alger, en présence de M. Payra du cabinet de M. Pflimlin qui est pressenti pour la présidence du conseil, le général Salan, se faisant le porte-parole des dirigeants en poste en Algérie, indique que les intentions de Pierre Pflimlin de négocier avec le F.L.N. et de faire appel aux « bons offices » du Maroc et de la Tunisie ne sont pas acceptables. Il suggère le retrait de Pierre Pflimlin et l’appel au général de Gaulle.


Le 14 mai au petit matin, à la fin d’une nuit blanche, Raoul Salan reçoit un appel téléphonique de Pierre Pflimlin qui vient d’être investi et qui, sur le conseil de son directeur de cabinet, Michel Poniatowski, lui confirme la large délégation de pouvoir accordée précédemment par Félix Gaillard.


Le 15 mai, à 14 heures, Pierre Pflimlin, président du conseil appelle Raoul Salan et lui demande des explications sur l’appel au général de Gaulle qu’il a lancé le matin devant la foule réunie devant le gouvernement général.


Le 17 mai, Raoul Salan appelle Pierre Pflimlin pour lui annoncer l’arrivée à Alger de Jacques Soustelle. S’en suit un dialogue de sourds, Pierre Pflimlin exigeant le renvoi de Soustelle en métropole et Raoul Salan essayant d’expliquer l’impossibilité de prendre une pareille mesure dans les circonstances du moment. Pierre Pflimlin raccroche brutalement.


Le 1er juin 1958, le cabinet De Gaulle est constitué ; Pierre Pflimlin en est l’un des quatre ministres d’état