Georges Mandel

Né, selon sa biographie « officielle », à Chatou (Seine et Oise), le 5 juin 1885, dans une famille juive aisée réfugiée d’Alsace en 1871, Louis Georges Rothschild prend en 1903 le nom de Mandel, nom de famille de sa mère. Après un passage dans le journalisme à « L’Aurore », puis au cabinet de Georges Clémenceau dès 1908, Georges Mandel devient son chef de cabinet quand celui-ci  assume la conduite de la guerre en tant que président du conseil à partir de novembre 1917.

Georges Mandel est élu député centre-droit de la Gironde (Bordeaux) en 1919, perd son siège pendant la période du cartel des gauches (1924-1928) et est réélu en 1928 jusqu’en 1940. Ministre des Postes en 1934-35, ministre des Colonies en 1938-40, il est appelé par Paul Reynaud au ministère de l’intérieur en mai 1940 d’où il fait arrêter plusieurs cagoulards pour intelligence avec l’ennemi.

Opposant déterminé à l’armistice, il veut continuer la lutte en Afrique du Nord et, pour ce faire, après la démission du gouvernement Reynaud le 16 juin 1940, embarque avec   vingt-six autres parlementaires, à Bordeaux, à bord du Massilia le 21 juin 1940. De ce fait, il ne peut prendre part au scrutin du 10 juillet 1940 relatif au projet de résolution donnant tout pouvoir au maréchal Pétain. Arrêté au Maroc par l’administration du général Noguès, il est transféré en métropole et incarcéré à Chazeron, à Vals, au fort du Portalet et au fort du Hâ. Livré aux Allemands en novembre 1941, il est interné à Orianenburg et à Buchenwald. Rapatrié à Paris le 4 juillet 1944, il est livré par les Allemands aux miliciens qui l’assassinent en forêt de Fontainebleau le 7 juillet 1944 en représailles de l’assassinat du secrétaire d’état à la propagande de Vichy Philippe Henriot.

Le 10 avril 1938, Georges Mandel devient titulaire du Ministère des Colonies dans le cabinet d’Edouard Daladier et y crée l’état-major général des Colonies avec le général Bührer. Il y nomme le chef de bataillon Raoul Salan à la tête du service de renseignement intercolonial (appelé par ses membres « Service de Renseignement Impérial »). Raoul Salan rencontre Georges Mandel tous les jours, y compris le dimanche, à midi. Ces rencontres dureront jusqu’à l’automne 1939, quand Raoul Salan, à la demande du ministre, part en mission secrète en Egypte et au Soudan pour aider la dissidence en Abyssinie.

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