André Malraux

André Malraux est né le 3 novembre 1901 à Paris. Il abandonne ses études secondaires en 1918, lit énormément et gagne sa vie en revendant à des libraires des livres achetés à des bouquinistes. En 1920, il prend la direction artistique des Editions du Sagittaire. En 1921, il épouse Clara Schmidt et tous deux voyagent en Europe centrale. Ruinés par l’effondrement des valeurs mobilières mexicaines achetées avec la dot de Clara, ils partent pour le Cambodge avec l’intention de revendre aux Etats-Unis quelques statues du temple Khmer de Banteaï-Srei. Arrêtés à Pnom Penh le 24 décembre 1923, Clara Malraux bénéficie d’un non-lieu tandis qu’André est condamné à trois ans de prison ferme qui sont réduits et assortis du sursis en appel. En juin 1925, les Malraux fondent à Saïgon le quotidien anticolonialiste « L’Indochine » qui cessera de paraître en août.  Son premier ouvrage, La Tentation de l’Occident, est publié en juillet 1926 chez Grasset.

En 1929, il est directeur artistique chez Gallimard et, en 1930, il publie La Voie Royale qui obtient le prix Interallié. L’année 1933 voit la publication de La Condition Humaine et son engagement dans la lutte contre le national-socialisme. En 1936, avec les républicains, il prend part à plusieurs combats aériens, durant la guerre d’Espagne, à la tête de l’escadrille « Espana ». En 1937, il publie L’Espoir dont il tirera un film terminé en 1939. En 1940, il s’engage comme simple soldat; fait prisonnier, en semi-liberté à Collemiers, il rejoint la côte d’azur et s’y installe à la fin de 1940. De 1941 à 1943, il se consacre à l’écriture. Au printemps de 1944, dans le Lot, il tente de fédérer les maquis de la région. Arrêté par les Allemands en juillet 1944, il est libéré en août de la prison de Toulouse. En septembre, il prend la tête de « La Brigade Alsace-Lorraine » forte de 1200 hommes, avec comme adjoint un officier de carrière, le lieutenant-colonel Jacquot. La brigade est intégrée à la 1ère armée française du général de Lattre et combat en appui de la 1ère D.B. puis de la 5ème D.B dans les Vosges et en basse Alsace où elle prend la ville de Dannemarie. Elle est envoyée en haute Alsace à la fin de 1944 pour la défense de Strasbourg. Le 15 mars 1945, la Brigade Alsace-Lorraine est dissoute et les volontaires sont incorporés à la 14ème D.I. du général Salan pour la fin de la campagne d’Allemagne.

André Malraux a un premier entretien avec Charles de Gaulle au début d’août 1945 et il est ministre de l’information de son gouvernement de novembre 1945 à janvier 1946. A la création du R.P.F., André Malraux dirige son service de presse. Il prononce de nombreux discours aux réunions du R.P.F. jusqu’en 1952. Le 3 juin 1958, il est ministre délégué à la présidence du conseil dans le cabinet Charles de Gaulle. Le 8 janvier 1959, il est ministre d’état dans le cabinet Debré, chargé des affaires culturelles le 22 juillet 1959, poste qu’il conserve dans tous les gouvernements qui se succèdent jusqu’en juin 1969.

Pendant toute la période de l’après-guerre et de ses responsabilités ministérielles, André Malraux mène également de front ses multiples activités d’écrivain, de mémorialiste, de directeur de collection, de préfacier, de conférencier, d’orateur, de voyageur, de réalisateur pour la télévision, etc…Il meurt le 23 novembre 1976, est inhumé le 24 novembre à Verrières-le-Buisson et reçoit un hommage national, le  27 novembre, dans la cour carrée du Louvre.

Officier de la légion d’honneur, compagnon de la libération, André Malraux était docteur honoris causa de plusieurs universités.

Le 10 mars 1945, à Strasbourg, le général Salan voit André Malraux, alias colonel Berger, qui lui annonce qu’il remet son unité entre les mains de son adjoint, le lieutenant-colonel Jacquot, et qui lui demande de conserver ce dernier à la tête de la brigade, ce qu’accepte Raoul Salan. Il le revoit le 12 avril à Baden-Baden et l’écoute exposer sa vision de la régénération du pays. Lorsque Jacquot lui demande d’appuyer auprès de de Lattre la candidature d’André Malraux pour le grade de chevalier de la légion d’honneur, Raoul Salan s’en charge. C’est à Stuttgart que de Gaulle remet la décoration à Malraux.


Le 25 juin 1958, à l’hôtel Matignon, le général Salan est reçu par le général de Gaulle, président du conseil, qui, à la fin de l’entretien, lui indique qu’André Malraux souhaite le voir. Celui-ci le reçoit chaleureusement et lui fait part de son enthousiasme pour les scènes de fraternisation entre Musulmans et Européens qui se sont déroulées à Alger. Il estime que les militaires français présents en Algérie sont les dignes successeurs des F.F.I. de la brigade Alsace-Lorraine et conseille à Raoul Salan d’organiser de vastes kolkhozes en Algérie et de donner le goût de l’effort collectif aux Musulmans.

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