Robert Lacoste

Né le 5 juillet 1898 à Azerat, en Dordogne, Robert Lacoste fait ses études au lycée de Brive-la-Gaillarde et à la faculté de droit de Paris. Fonctionnaire des finances, syndicaliste, il est secrétaire de la fédération générale des fonctionnaires et membre de la commission administrative de la C.G.T. . Pendant l’occupation, résistant, il est à « Libération-Nord », puis membre du comité politique de « Libération-Sud ». En 1944, il est délégué général adjoint du Comité Français de Libération Nationale pour la France occupée. A la libération, il est secrétaire général, puis ministre à la production industrielle dans le gouvernement provisoire du général de Gaulle. Membre des deux assemblées constituantes, député socialiste S.F.I.O. de la Dordogne, il détient le portefeuille de l’Industrie (sous diverses appellations) dans les cabinets se succédant jusqu’en 1950.
Président du conseil supérieur de l’électricité et du gaz de France en 1950, il est maire d’Azerat (jusqu’en 1983), député (continûment jusqu’en 1958) et vice-président de l’assemblée nationale en 1954 et 1955.
Il retrouve un poste ministériel (les finances et l’économie) en 1956 dans le cabinet de Guy Mollet. Le 9 février 1956, succédant à Jacques Soustelle, il est ministre-résident en Algérie, et le 15 février, il est chargé des fonctions de gouverneur général de l’Algérie. Il garde le ministère de l’Algérie dans les cabinets Bourgès-Maunoury et Gaillard jusqu’au 15 mai 1958. Non réélu aux élections législatives de novembre 1958, partisan de l’Algérie française, il prend du recul par rapport à la vie politique nationale et se consacre au  développement économique national et régional, tout en étant réélu à l’assemblée nationale en 1962 et 1967.
Le 26 septembre 1971, il est élu sénateur socialiste de la Dordogne, vice-président de la commission des finances et rapporteur du budget de l’éducation nationale tout en assumant, de 1974 à 1979, la vice-présidence du conseil régional d’Aquitaine. En septembre 1980, il ne se représente pas aux élections sénatoriales.
Commandeur de la légion d’honneur, titulaire de la croix de guerre 1939-1945, de la rosette de la résistance et de la croix de la valeur militaire, Robert Lacoste meurt en 1989.

Raoul Salan, avant de rejoindre Alger où il a été nommé commandant supérieur interarmées en Algérie, a une première entrevue, au début de novembre 1956,  avec Robert Lacoste à Paris, dans un bureau de la rue de Lille. Il sent qu’il s’entendra avec cet homme direct et vif. Sur place à la fin du mois de novembre, il soumet son vaste plan d’action au ministre qui l’approuve. La collaboration entre les deux hommes se poursuivra jusqu’au départ d’Algérie de Robert Lacoste. Le 11 novembre 1957, sur le front des troupes à Alger, Robert Lacoste remet au général Salan la croix de la valeur militaire avec palme et lit la citation à l’ordre de l’armée qui l’accompagne. Le 8 mai 1958, Raoul Salan, devant la foule algéroise rassemblée au plateau des Glières, accueille Robert Lacoste de retour de Paris où il avait dû se rendre en raison de la crise ministérielle. Il lui remet, à son tour, la croix de la valeur militaire avec palme et lui lit sa citation.

Cité par la défense au procès de Raoul Salan, le 19 mai 1962, Robert Lacoste, après avoir rappelé les effets bénéfiques de l’action de Raoul Salan entre décembre 1956 et mai 1958, déclare : « Voici la politique que nous avons menée, Salan et moi. Il l’a menée loyalement, je dois le dire ; si je ne le disais pas, je crois bien que je serais un misérable…Je suis très triste d’être là… ». Puis, en conclusion de sa déposition, Robert Lacoste ajoute : « J’ai quand même le droit de dire cette espèce d’écoeurement que j’ai aujourd’hui parce que ceux-là (du F.L.N.) qui ont tué femmes et enfants à la terrasse des cafés, aux arrêts d’autobus, à la sortie des écoles, dans les stades et dans les bals populaires, sont amnistiés. »

Texte