Jean de Lattre de Tassigny

Jean de Lattre de Tassigny est né le 2 février 1889 à Mouilleron en Pareds, en Vendée, commune qui a vu naître Clémenceau. Il fait ses études au collège Saint Joseph de Poitiers de 1898 à 1904, puis prépare l’école Navale et Saint-Cyr  à la rue des Postes. Il est reçu à Saint-Cyr en 1908 et effectue son séjour en corps de troupe au 29ème Dragons à Provins. Il est élève à Saint-Cyr de 1909 à 1911 dans la promotion « Maurétanie ». En 1911 et 1912, il est à l’école de cavalerie à Saumur. De 1912 à 1915, il est au 12ème Dragons à Pont-à-Mousson, puis sur le front. De 1915 à 1919, il est capitaine au 93ème R.I.. Il termine la guerre avec 4 blessures et huit citations. De 1919 à 1921, il est au 49ème R.I. à Bayonne. De 1921 à 1926, il est au Maroc à divers postes (3ème bureau et état-major de la région de Taza) où il gagne trois nouvelles citations. De 1927 à 1929, il suit les cours de l’école de guerre avec la 49ème promotion. Il se marie en 1927 avec Simone de Lamazière et leur unique fils (mort pour la France en Indochine le 30 mai 1951) naît en 1928.  De 1929 à 1931, il est chef de bataillon au 5ème R.I. à Coulommiers. De 1932 à 1935, il est à l’état-major de l’armée puis à celui du vice-président du Conseil Supérieur de la Guerre, le général Weygand, enfin à celui du général Georges, tandis qu’il est promu lieutenant-colonel en 1932. De 1935 à 1937, il est colonel, commandant le 151ème R.I. à Metz. En 1937/38, il suit les cours du Centre des Hautes Etudes Militaires, puis, en 1938/39 est chef d’état-major du gouverneur de Strasbourg. Promu général de brigade le 23 mars 1939, il est chef d’état-major de la 5ème armée du 2 septembre 1939 au 1er janvier 1940, date à laquelle il prend le commandement de la 14ème D.I. qu’il garde pendant toute la campagne de France qu’il fait en combattant en bon ordre de Rethel, où sa division résiste héroïquement, jusqu’à la Champagne et l’Yonne. De juillet 1940 à septembre 1941, il est adjoint au général commandant la 13ème région militaire à Clermont-Ferrand. De septembre 1941 à la fin de 1941, Jean de Lattre de Tassigny est, en tant que général de division, commandant des troupes de Tunisie. Il commande par la suite la 16ème division à Montpellier et est promu général de corps d’armée. Lors de l’envahissement de la zone libre par les troupes allemandes, il n’accepte pas l’ordre de ne pas les combattre, est arrêté, jugé et condamné à 10 ans de prison par la section de Lyon du tribunal d’état. Il s’évade de la prison de Riom le 3 septembre 1943 et rejoint Londres, puis Alger où il arrive le 20 décembre 1943, après avoir été promu aux rang et appellation de général d’armée le 11 novembre 1943. Dès décembre 1943, il commande l’armée B, qui devient la première armée française. Il débarque en Provence le 16 août 1944, prend Toulon et Marseille, remonte la vallée du Rhône, libère l’Alsace, entre en Allemagne et  signe à Berlin, le 9 mai 1945, pour la France, l’acte solennel de la capitulation de l’Allemagne.
De décembre 1945 à mars 1947, il est inspecteur général et chef d’état-major général de l’armée. De mars 1947 à octobre 1948, il est inspecteur général de l’armée, puis inspecteur général des forces armées. D’octobre 1948 à décembre 1950, il est commandant en chef des armées de l’Europe occidentale à Fontainebleau.
De décembre 1950 à janvier 1952, il est haut commissaire de France en Indochine et commandant en chef en Extrême-Orient. Grand croix de la légion d’honneur, compagnon de la libération, titulaire des croix de guerre 1914-1918, 1939-1945 et des T.O.E., médaillé militaire, Jean de Lattre de Tassigny meurt à Paris le 11 janvier 1952 et est élevé à la dignité de maréchal de France le 15 janvier 1952.  Jean de Lattre est l’auteur d’une « Histoire de la 1ère Armée française » (Plon, 1949) 

Le colonel Salan, à la tête du 6ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais, défile devant le général de Lattre sur la place des palmiers à Bastia, le 16 juin 1944. Le soir, ce dernier lui explique ce qu’il attend de lui devant un plan de l’île d’Elbe. C’est le premier contact avec le général de Lattre. Démarre alors une relation confiante et affectueuse entre les deux hommes qui ne s’arrêtera qu’à la mort de de Lattre. Celui-ci nomme Salan à la tête de la 14ème D.I., « sa » division de 1940, reconstituée en mars 1945 où Salan réalise l’amalgame entre troupes traditionnelles et F.F.I. Il l’appelle auprès de lui, en décembre 1950, comme adjoint opérationnel en Indochine. Lorsque Jean de Lattre est tenu éloigné de l’Indochine par diverses missions ou par la maladie, les deux hommes restent en contact quasi-permanent et échangent de nombreuses correspondances. Le 17 mai 1962, Madame la maréchale de Lattre témoigne au procès de Raoul Salan et rappelle la confiance que le maréchal avait en Raoul Salan. Elle rappelle également que les derniers textes que son mari a lus dans la clinique où il était mourant étaient les comptes rendus journaliers du général Salan sur la bataille de la Rivière Noire.