Hô Chi Minh

Né Nguyen That Thanh, en 1890 ou 1892, à Kiem Lien, dans la province de Nghe An, dans le nord du Vietnam, Hô Chi Minh prendra ce pseudonyme (« celui qui donne la lumière »), après celui de Nguyen Ai Quoc, au cours de sa vie de révolutionnaire qui comporte bien des inconnues.

Instituteur dans un village de pêcheurs, il est aide-cuisinier sur un paquebot assurant une ligne régulière avec l’Europe. Il arrive à Paris en 1917, y est photographe, fréquente les milieux révolutionnaires et devient membre du parti socialiste. En 1920, il aurait assisté au congrès de Tours ; il devient membre du parti communiste. De 1923 à 1925, il travaille au Komintern à Moscou et y suit l’enseignement de l’université des travailleurs d’Extrême-Orient (Ecole Staline). Il rejoint ensuite secrètement la Chine, le Siam et Hong-Kong où il est emprisonné par les Anglais mais reste en liaison avec la C.G.T. et le parti communiste français. En mars 1930, il fusionne les diverses composantes communistes vietnamiennes en un parti unique : le parti communiste indochinois (P.C.I.). Autorisé par le gouvernement de front populaire, en 1936, le P.C.I. s’appuie sur 500 comités, syndicats et autres groupements, se structure et se renforce ce qui lui permet de survivre après l’interdiction de 1939, conséquence de la signature du pacte germano-soviétique. En 1940, Hô Chi Minh est installé au Yunnan et pratique une politique de « front national » en faisant entrer, en 1941, les communistes dans une organisation à façade nationaliste qu’il fonde : le Viêt Nam Doc Lap Dong Minh, en abrégé Viêt-Minh, soutenu par l’O.S.S. américain. Dans les années 1942-1944, il s’impose par le terrorisme en faisant assassiner les nationalistes hostiles au communisme. Le 21 août 1945, une semaine après la capitulation japonaise, Hô Chi Minh arrive à Hanoï. Il forme un gouvernement provisoire le 29août, qui, le 2 septembre proclame l’indépendance et la naissance de la république démocratique du Vietnam dont Hô Chi Minh est le président. Le 6 mars 1946, les accords préliminaires Hô – Sainteny sont signés par lesquels la France reconnaît l’indépendance de la RDVN au sein de l’Union Française et la vocation à l’union (référendum à organiser) du Tonkin, de l’Annam et de la Cochinchine, moyennant le retour des troupes françaises en Indochine. Par la suite Hô Chi Minh se rend en France pour la conférence de Fontainebleau. Celle-ci est un échec ; il signe cependant, le 14 septembre 1946, avec Marius Moutet, ministre de la France d’Outre-Mer, une déclaration conjointe, dite « modus vivendi », destinée à apporter des réponses provisoires aux questions conflictuelles se posant entre la France et le Vietnam. Le 19 décembre 1946, Hô Chi Minh et son gouvernement quittent Hanoï en début d’après-midi, avant le coup de force sanglant du Viêt-Minh  déclenché le soir-même par Giap : la guerre d’Indochine débute.

Le 21 juillet 1954, après Dien Bien Phu, les accords de Genève mettent fin à la première guerre d’Indochine et Hô Chi Minh, qui retourne à Hanoï en octobre 1954, devient président du Nord-Vietnam  (au nord du 17ème parallèle). Il signe à Moscou, en juillet 1955, un accord qui lui garantit l’aide soviétique. En 1955, il préside à une épuration « idéologique » qui se traduit par des milliers d’exécutions et de condamnations à des camps de travail. En 1956, il est secrétaire général du parti communiste. En 1959, il déclare « la guerre du peuple pour l’unification du Vietnam ». Il meurt en 1969, peu après l’offensive du Têt au Sud-Vietnam, mais sans avoir vu la victoire sur les Etats-Unis et le Sud-Vietnam.

Le 8 février 1946, le général Salan est reçu par le président Hô Chi Minh dans les anciens locaux de la résidence supérieure. Ils ont un entretien d’une heure et demie où les positions de chacun des interlocuteurs sont exprimées sans fard mais dans un climat de dialogue. Le 6 mars 1946 à 17 heures, Raoul Salan assiste à la cérémonie de signature des accords Hô – Sainteny dans les locaux de l’ancien « Cercle d’Hanoï ». Le 7 avril 1946, Raoul Salan est invité à dîner avec son épouse par Hô Chi Minh qui lui offre son portrait photographique dédicacé avant d’engager une discussion difficile sur l’application des accords du 6 mars. Le 31 mai 1946, le général Salan accompagne Hô Chi Minh dans son voyage vers la France pour la conférence de Fontainebleau. Ils font escale à Rangoon, à Calcutta, à Habbaniya en Irak, au Caire, à Biskra, à Biarritz où ils arrivent le 12 juin. Le 14 juin, Jean Sainteny prend en charge le président Hô Chi Minh. Raoul Salan revoit fréquemment Hô Chi Minh à Paris avant l’ouverture de la conférence, le 6 juillet. Il le reverra pour la dernière fois le 12 septembre 1946 lors d’un petit déjeuner chez Raymond Aubrac, à Soisy-sous-Montmonrency. Là, Raoul Salan met en garde Hô Chi Minh contre la guerre qu’il voit venir et le prie de ne pas commettre l’irréversible qui fera le malheur de son peuple.