Colonel Fabien

Pierre Georges, alias Fredo, alias Colonel Fabien, est né en 1919. Membre dirigeant de la jeunesse communiste, il participe aux combats de la guerre civile espagnole, du côté des républicains, au sein des brigades internationales. Il est arrêté en novembre 1939, après la signature du pacte germano-soviétique, pour menées anti-françaises, mais s’évade ultérieurement lors d’un transfert en train. En juillet 1941, peu après l’attaque de l’U.R.S.S. par l’Allemagne, sous le pseudonyme de « colonel Fabien », il est l’adjoint d’Albert Ouzoulias, chef des « Bataillons de la jeunesse » au sein des F.T.P. (Francs-Tireurs et Partisans Français) d’obédience communiste.
Le 21 août 1941, sur le quai de la station de métro Barbès, il abat au hasard l’aspirant Alfons Moser affecté aux magasins d’habillement de la Marine allemande à Paris ; c’est le premier meurtre d’un militaire allemand  pendant l’occupation, qui entraîne des représailles de la part du commandement allemand (otages fusillés). Arrêté à Paris le 30 novembre 1942, il s’évade au printemps 1943.
Il participe à la libération de Paris en août 1944 dans les rangs des F.F.I. (auxquelles les F.T.P. avaient été intégrés en février 1944). Il prend ensuite la tête d’une unité des F.F.I., la « brigade de Paris », qui combat avec la 1e armée de De Lattre dans l’est de la France à l’automne 1944 et qui deviendra le 151e régiment d’infanterie . Dans la nuit du 27 décembre 1944, à son P.C. d’Habsheim, le colonel Fabien est tué avec tout son état-major lors de l’explosion d’une mine qu’il a entrepris de démonter.    

Par la suite, son nom est donné à une station de métro et à une place de Paris où est situé le siège du parti communiste. Albert Ouzoulias lui a consacré un ouvrage hagiographique publié en 1945 : « La vie héroïque du colonel Fabien ».

Au début de l’hiver 1944, la « brigade de Paris » est incluse dans le « groupement Salan » qui combat dans le sud-est du département du Haut-Rhin et y monte la garde le long du fleuve. Fabien vient souvent déjeuner à la « popote » du colonel Salan qui le trouve sympathique. Lors d’un passage de Raoul Salan au P.C. du colonel Fabien, il met celui-ci en garde contre le danger représenté par la manipulation des nombreuses mines et munitions  qu’il a collectées.