Maurice Challe

Né au Pontet (Vaucluse) le 5 septembre 1905, Maurice Challe entre à Saint-Cyr en 1923 et en sort sous-lieutenant en 1925 dans la promotion « Chevalier Bayard » où il a pour camarade les futurs généraux Gambiez, de Pouilly et Lennuyeux.
A sa sortie de Saint-Cyr, il choisit l’aviation. Nommé capitaine en 1932, il rejoint la 55e escadre aérienne où il est successivement pilote, observateur, adjoint technique, commandant d’escadrille et enfin commandant adjoint du 1er groupe.
Il entre à l’Ecole Supérieure de guerre aérienne en 1937 et en sort en juillet 1939 breveté d’Etat-Major.
Il fait la campagne de 1940 avec le grade de commandant et y gagne la croix d’officier de la légion d’honneur. Après l’armistice du 22 juin 1940, il prend le commandement du groupe de reconnaissance 2/14 à Avignon. Rallié au général de Gaulle, il dirige sous le pseudonyme de « Guy » le réseau de renseignement « Villon » qui communique à Londres en mai 1944 le plan de bataille complet de la Luftwaffe.
Nommé inspecteur de la 2ème brigade de bombardement à la libération, il participe à la campagne d’Allemagne.
Promu général de brigade, il est commandant de l’air au Maroc en 1949, sous-chef d’état-major général de l’air en 1947, chef d’état-major particulier du Secrétaire d’Etat à l’air en 1951, directeur du Centre d’enseignement supérieur aérien et commandant de l’Ecole supérieure de guerre aérienne en 1953.
Général de division aérienne, il est chef de l’état-major des forces armées en 1955. Promu général de corps aérien en 1957, il est éloigné de Paris peu après le 13 mai 1958 par Pierre de Chevigné, ministre de la Défense Nationale du cabinet Pflimlin.
Promu général d’armée aérienne, il est nommé le 1er octobre 1958 adjoint interarmes au général Salan, délégué général et commandant en chef des forces françaises en Algérie. Il succède dans ce dernier poste au général Salan le 12 décembre 1958.
Il met en œuvre une succession d’opérations connues comme le « Plan Challe » qui réduisent totalement les éléments combattants du FLN.
Rappelé en métropole en 1960, il prend le commandement en chef des forces alliées de l’OTAN du Centre-Europe. Mis en disponibilité sur sa demande en janvier 1961, il prend la tête du coup d’état d’Alger du 21 au 25 avril 1961. Destitué, incarcéré à la prison de la Santé, il est condamné le 31 mai 1961 par le Haut tribunal militaire, de même qu’André Zeller, à une peine de 15 ans de détention criminelle et à la privation de ses droits civiques. Incarcéré à la maison de détention de Clairvaux puis à celle de Tulle, il est libéré en décembre 1966 et amnistié en 1968.
Grand-Croix de la légion d’honneur, croix de guerre 39-45, médaille de la Résistance, croix de la valeur militaire, commandeur de la legion of merit, King’s medal for courage, titulaire de huit citations, Maurice Challe est l’auteur d’un ouvrage intitulé « Notre Révolte » publié en 1968 par Les Presses de la Cité. Il est mort le 18 janvier 1979.