Serge Baret

Né à Hargnies, dans les Ardennes, le 18 février 1910, Serge Baret, après avoir obtenu sa licence en droit, devient rédacteur à la préfecture de la Drôme le 18 février 1929 puis, le 19 novembre 1931, chef adjoint du cabinet de Léon Billecart, successivement préfet de la Drôme, du Morbihan et du Loiret. Le 2 février 1936, il est chef du secrétariat particulier du sous-secrétaire d’état à la présidence du conseil, Jean Zay, qu’il suit lorsque celui-ci devient ministre de l’éducation nationale le 5 juin 1936. Suivent plusieurs postes en sous-préfecture ou en préfecture dans l’Aube, le Loiret et l’Aveyron. Mobilisé du 15 avril au 28 juillet 1940, il est mis par la suite en disponibilité, est réintégré dans l’administration et occupe un poste à Nantes, à Lons le Saunier, puis à Gap, tout en faisant partie du réseau de résistance N.A.P. (Noyautage des Administrations Publiques).
Il est délégué dans les fonctions de secrétaire général de la préfecture des Bouches du Rhône le 9 septembre 1944. Par la suite, il est préfet successivement de l’Aude, de la Dordogne, de l’Hérault, de la Loire Inférieure.
Le 11 décembre 1956, Robert Lacoste, ministre-résident en Algérie, l’appelle comme préfet d’Alger et I.G.A.M.E. (Inspecteur Général de l’Administration en Mission Extraordinaire)  pour les départements de la région d’Alger.
A la veille de la bataille d’Alger, le 7 janvier 1957, sur ordre de Robert Lacoste, Serge Baret, par arrêté préfectoral, délègue ses pouvoirs de police au général Massu, commandant la 10ème Division Parachutiste.
Le 15 juin 1957, Serge Baret place sous les ordres du général Massu l’ensemble des services de renseignement et d’intervention dont il dispose.
Le 14 mai 1958, Serge Baret est nommé par le général Salan secrétaire général de la Délégation générale du gouvernement en Algérie en remplacement de Pierre Chaussade qui veut se maintenir dans un strict légalisme.

Mai 1958 - Courrier de Serge Baret à Raoul Salan

Le 9 juin 1958, le général Salan, désigné le même jour par décret comme délégué général et commandant en chef en Algérie, nomme Serge Baret secrétaire général de l’administration centrale.

Juin 1958 - télégramme de Salan au général de Gaulle

Serge Baret quitte l’Algérie en même temps que le général Salan en décembre 1958 et est placé hors cadre le 9 janvier 1959. En disponibilité le 1er septembre 1969, il est admis sur sa demande à la retraite du corps préfectoral le 1er mai 1970 et à l’honorariat le 30 juin 1971.
Serge Baret, titulaire de la croix de guerre 1939-1945, de la médaille de la résistance et de la croix de la valeur militaire, commandeur de la légion d’honneur, meurt à Périgueux  en mars 1978.

Quand Serge Baret devient préfet d’Alger, Raoul Salan a pris ses fonctions de commandant supérieur interarmées en Algérie depuis une dizaine de jours. Le 7 janvier 1957, Serge Baret vient voir le général Salan à son P.C. et examine les modalités d’application de la décision de Robert Lacoste de déléguer les pouvoirs de police au général Massu. Plus tard en  janvier, aux obsèques du commandant Rodier tué lors de l’attentat « du bazooka » et en présence du général Salan, Serge Baret dépose la médaille de la reconnaissance française sur le cercueil du proche collaborateur du général.

Pendant la bataille d’Alger, Serge Baret est pleinement en accord avec le commandant en chef et leurs relations sont bonnes. En mai et juin 1958 le général Salan confie de très hautes responsabilités civiles à Serge Baret qui quittera l’Algérie en même temps que lui et auquel on ne confiera  plus de responsabilités à sa mesure dans le corps préfectoral.